Le gisement à Sinanthropus de Chou-Kou-Tien (Chine) etc. 3
la confection d’outils de matières dures, pierres et analogues, mais qui
se contentait d’outils pouvant être fabriqués sans peine, outils de bois, de co
quillage etc., comme les font encore actuellement les tribus de Pygmées.
L’existence avérée de cette période prélithique, longtemps négligée par les
paléontologues, attire maintenant, après les recherches cI’Obermaier, de
Breuil, de Menghin et d’autres, de plus en plus l’attention des savants.
Lntretemps, l’Abbé Breuil, professeur au Collège de France et à l’In
stitut de Paléontologie de Paris, fut appelé à Pékin afin de prendre part aux
nouvelles explorations qui y ont été mises en œuvre. Rentré de son voyage, il
m’a communiqué le surprenant résultat de ces recherches dans une lettre. Sur
ma demande, il a bien voulu mettre à ma disposition l’article suivant pour être
publié dans la Revue «Anthropos».
Cette communication sur des faits nouveaux constatés sur lieu et place,
fait évidement cesser les divergences des théories. Ce qui est nettement
établi en ce moment, c’est que le Sinanthropus pekinensis ne doit plus main
tenant intéresser seulement les anthropologues, mais aussi les préhistoriens
et les ethnologues, ces derniers notamment aussi, parce que le lieu où a été
trouvé le Sinanthropus peut être considéré comme une étape sur la route que
l’homme a suivi, en traversant le détroit de Behring, pour arriver en Amérique.
P. Guillaume Schmidt.
Introduction.
En octobre 1930, l’examen d’un petit bois de cerf rapporté de Chou-Kou-
Tien par le Père Teilhard de Chardin me permettait de lui affirmer l’usage du
feu à l’époque du Sinanthropus, et celui d’instruments en pierre et en os 2 .
Dès le mois de mars 1931, la suite des fouilles justifiait mes affirmations:
le Père Teilhard m’avisait qu’on voyait alors plusieurs niveaux noirs, pareils à
des foyers paléolithiques et contenant beaucoup d’os brûlés et d’éclats de quartz
taillés.
A la suite de l’invitation généreuse qui me fut adressée par le Dr. W. H.
Wong et le Dr. Davidson Black de la part du «Geological Survey» de Péking
et de la «Fondation Rockefeller», je me rendis en Chine en octobre dernier; j’y
visitai le gisement célèbre et ses alentours, étudiai le matériel en provenant, et
2 Je suis sûr que les lecteurs de cet article me sauront gré de citer ici le passage de
la lettre (d. 30. XI. 1931) dans laquelle le célèbre paléontologue me raconte l’événement
mémorable de la première découverte du feu et de l’industrie du Sinanthropus (P. G.
Schmidt): «En octobre 1930, le P. Teilhard de Chardin est venu à Paris, et a déposé
sur rria table un petit bois de cerf non tombé, sans me dire son origine, et en me demandant
ce que j’en pensais. — Je lui répondis: 1° Cet objet est brûlé, non seulement à cause
des noircissures qu’il montre, mais parce que les éclatements qu’il présente vers le bout
sont typiques de l’action du feu sur l’os frais. 2° Il est façonné, car on a supprimé par
percussion les parties du crâne gênant la préhension et percuté le pédicule même dans le
sens de la longueur. 3° Il porte des incisions dues à un outil de pierre. — Alors il me dit:
Etes-vous sûr? Car c’est très grave, cela vient des couches à Sinanthropus. — Je lui
iépondis: Je n’ai rien à changer à mon verdict. — Il me dit alors: Il faut que vous
veniez réviser notre matérial. Et il se chargea de suggérer la chose au ,Chinese Geological
Survey'.»
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