La Phonétique du Kinyarwanda.
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^observation des intervalles voulus. Même les phones interjectifs sont régis
par des règles: oya, non; oyd «non» plus fort pas du tout; on ne pourrait pas
dire dans le même sens interjectif ôya, ce qui donnerait une autre nuance.
Mais n’anticipons pas sur la grammaire.
Les signes composés sont faciles à retenir, car un accent circonflexe
commence par un accent aigu, le circonflexe renversé par un accent grave.
Ce système diacritique nous permet d’obtenir une écriture et une im
pression tout à fait esthétiques, sans en nullement influencer la rapidité. Les
erreurs sont quasi impossibles. La forme de l’esprit doux, alors même que
celui-ci ne serait pas soigneusement mis sur la consonne, l’empêchera toujours
d’être pris pour l’accent aigu sur la voyelle. Nous n’avons pas ces horribles
crochets qu’on voit dans quelques systèmes, où par exemple la branche plus
courte indique la brièveté du son, ce qui expose à des erreurs innombrables dans
une écriture rapide. D’ailleurs, à l’endroit de ces crochets inégaux, il faudrait
examiner si parfois il n’y aurait pas l’erreur dont nous avons parlé, à savoir
celle de joindre la vocalisation extra-rapide d’une consonne au phone grave de
la voyelle suivante de manière à changer deux phones simples en un phone
composé. Comparez l’orthographe par crochets avec la nôtre, tant au point de
vue phonétique que graphique: kyâgo pour k'yâgo.
Les phones syntactiques, absolus ou relatifs (les relatifs amenés par les
rencontres des phones absolus = Satzton), sont de même nature phonétique
quant à la sonorité, et ne demandent pas des signes spéciaux.