Mythes et Légendes du Sud de File Pentecôte. (Nouvelles Hébrides.)
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Ae remadran ne Barkulkul ma ma
eltas, i ma le rah «muila» sii, ae i ma
osi. tas, ae tas ma mpa.
Ae atiintuner mba sek Ion rah ae
er ma rngo Barkulkul mpi. Ae er
ma mra, lehleh ne i, ae er tapo Isi; ae
er soriitun sal ene i ma le, ae er tapo
Isi i. Ae er dang ulin; ae er sek. Ae
er mat ae er ba Ion ut ene Marrelül
mdu re: «Lon We».
Remadran ne Barkulkul mseksek
builar, anian mbe tlap tamar nga.
Barkulkul pepe ta nga sü mete du,
ae im du. Tlon mka anian ma. Ae
riinlo im pi, anian ma halal nga ti,
ae atuntun mpakon liap ulin.
Ill 0 Dun na Taltil.
Atuntun sii sen mbe Taltil. Tar-
ben mbe tarben taltil, ae Ionian mbe
lontan atuntun.
Taltil nati mpasii watloti sii. Ae
im gal re liaolas, ae butun mpat lon
erseti sii. Ae li-butoa nati mdu bui-
lan mal, ae Taltil war war bane atun-
tuner.
Ae atuntuner nga wan nga lon
bung sii ma puli ne anian, ae er ma
ma eltas, ulin er met lohlos ba lon
tas. Menon mdu re wantiin Taltil. Ae
Taltil mpe bane atuntuner: Kimi te le
wantiik ba lon tas, ulin menon mbe
tlap mdu re i, ae kimi mete ksi i.
Ape er ma mtatne i ulin menon mdu
re i, ae er pe: Si mete le i? Lok-
ma tape, kema ma mtatne i ulin me
non mdu re i.
chemin du bord de mer et ils dis
parurent au delà de l’horizon.
Quand Barkulkul arriva au bord
de mer, il prit une feuille d’un arbre
appelé muila, en frappa la mer, et la
mer s’ouvrit.
Et les hommes qui se trouvaient
dans la brousse apprirent que Bar
kulkul était parti. Ils allèrent à sa
recherche, mais ne le trouvèrent pas.
Ils suivirent le chemin qu’il prit,
mais ne l’aperçurent point. Et ils
pleurèrent, et demeurèrent. Et ils
moururent et allèrent dans l’endroit
où habite Marrélül: Lon Wé.
Quand Barkulkul était encore au
milieu d’eux, ils avaient de la nourri
ture en abondance. Barkulkul disait
qu’une chose fût et elle était. Sa
parole donnait la nourriture. Et
aujourd’hui qu’il est parti, la nourri
ture fait défaut, et il faut travailler
dur pour s’en procurer.
III 0 Légende du Serpent.
Un homme s’appelait «Serpent».
Son corps était le corps d’un serpent,
la tête était celle d’un homme.
Ce serpent enfanta un fils. Et il
était allongé sur un arbre (appelé
liaolas), et sa tête reposait sur une
des branches. Et cet arbre se trou
vait près de la maison commune. Et
le serpent conversait avec les hommes.
Et un jour les vrais hommes
firent la cuisine au four canaque,
puis ils descendirent au bord de
mer et se baignèrent dans la mer. Le
fils du Serpent avait des plaies. Et
le serpent dit aux hommes: Portez
mon fils au bord de mer, parce qu’il
a beaucoup de plaies et vous l’y
baignerez. Mais ils avaient horreur
de ces plaies et dirent: qui le por
tera? nous ne le voulons pas; ses
plaies nous font horreur.