La vie des pionniers chinois en Mongolie aux prises avec un sol ingrat.
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ou de consomation exceptionnelle- Enfin les distilleries n existent pas en
Mongolie, pour la seule raison qu’elles y sont prohibées: elles se trouvent
dans les villes voisines, le long de la Grande Muraille.
L’industrie extractive existe là où se trouvent des gisements de charbon,
lignite, chaux, pierres de construction, etc. — Nous avons déjà parlé de la
recherche des’ pierres précieuses qu’on tire également des roches (granitiques).
Enfin on a vu aussi que plusieurs petites industries sont exercées par
des artisans ambulants qui font des tournées jusque chez les Mongols:
maçons peintres, etc. Ils vont s’établir pour un jour sur le marché public
du village où s'engager dans une grande ferme: ils y restent tant qu’on leur
donne de la besogne. Où bien ils sont loués dans une lamaserie mongole, ou
chez un de ces patriarches qui sont à la tête d’un aoul, groupement de
tentes. C’est ainsi que la Chine plus civilisée pénètre et travaille les régions
les plus éloignées.
III 0 Le commerce.
Outre les petites transactions pour les besoins restreints des fermiers,
le commerce fait également office d’agent de pénétration. Tantôt il fait con
naître des articles qui n’existent pas en Mongolie p. e. les nouveautés euro
péennes- tantôt il y amène des produits qu’on n’y gagne pas, thé, bois,
charbons, articles chinois; parfois ce sont des ouvrages fabriqués à l’aide
de matières et de machines exotiques, vins, fers, tissus; ou des produits
que jusqu’ici on ne put pas faire en Mongolie, alcools, couleurs, verroteries,
objets d’art, œuvres littéraires. La spécialisation fait toujours gagner du
temps et de l’argent, produit mieux et à meilleur compte, et fut toujours
un progrès dans la civilisation. Les paysans de beaucoup de pays sont
souvent trop lents à le comprendre, voulant rester indépendants du monde
extérieur- mais, presque sans le savoir, pour une foule d’objets ils restent
tributaires et c’est à leur avantage. Plus tard la spécialisation des cultures
s’introduira également en Mongolie avec plein succès; mais jusqu’ici le
manque de communications rend ce progrès irréalisable.
L’exportation ou l’échange à distance est un autre grand facteur du
progrès et du bien-être. Qu’on songe seulement aux modifications qu’ont
introduit dans la vie asiatique le commerce du thé, de la laine, et que
pourrait y ajouter le commerce des blés, des peaux, des autres produits de
l’agriculture, de l’élevage et du sous-sol.
Dans les campagnes où nous avons vécu, ces influences sont réleguées
au second plan, et à première vue semblent infimes: nous avons assez
indiqué les petites industries qui arrivent jusque-là et le commerce qui s y
pratique. — Mais dès qu’on arrive dans le moindre village, aux premières
boutiques, aux plus petites factoreries, il y a une complication: il suffit de
la citer ici. Toute simple qu’elle parraise, l’étude d’une boutique ou d’un
atelier rudimentaire, de leur vie, de leurs matières premières, de leurs dé
bouchés, tous ces infinis détails nous mèneraient trop loin. Nous avons
vu le fond de la vie des pays neufs, et nous ne saurions pas décrire ici les
excroissances, les évolutions ultérieures, — Quelques indications suffiron
donc à les faire compendre.