Volltext: Tribus, 6.1956

Un théâtre de marionettes aux Nouvelles-Hébrides; son importance religieuse 
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mains et le portent à leur bouche. Cette scène terminée, on prépare un liquide 
rouge sang que l’on confie à un homme dissimulé par la palissade à la vue du 
public, et posté derrière l’endroit où se trouve l’effigie de Mansip. Puis un vieil 
lard armé d’une lance sort de l’enclos et vient se placer devant Mansip. Un dialo 
gue s’engage entre-eux, un homme criant à travers les grands bambous les réponses 
qui semblent provenir du mannequin. 
Mansip; 
Le vieillard: 
Mansip: 
Le vieillard: 
Pourquoi te postes-tu là 
Mais Grand Père, je ne fais rien 
Mon petit-fils, je sens ton hostilité 
Alors pourquoi ne te sauves-tu pas? 
En prononçant ces mots, le vieillard transperce de sa lance Mansip et ses épouses. 
L’on jette sous eux le liquide sanglant tandis qu’à l’intérieur de la palissade, des 
hommes hurlent à travers les longs bambous, frappent les tambours et font vrom 
bir les rhombes. Son forfait accompli, le vieillard met le feu aux trois effigies. 
* 
On connaît le goût très vif du Mélanésien pour les scenes comiques, son art de 
mimer avec une extraordinaire drôlerie des faits de la vie journalière pris sur le 
vif. Il sait aussi dans son rituel traduire par de grandes figures chorégraphiques les 
thèmes de sa mythologie 6 ), mais on n’avait jamais, avant Deacon, décrit une céré 
monie qui présente aussi nettement les éléments d’un théâtre. Si la documentation 
trop fragmentaire ne permet pas de suivre le développement du thème dans toutes 
ses phases, du moins il apparaît comme ayant une unité, tous les personnages ont 
des relations de parenté avec le héros et les deux actes du drame étant reliés par 
des liens logiques; ceux créés par la vie qui sort grouillante des quatre marion 
nettes assommées. Chaque poupée représente un personnage, porte un nom, joue 
un rôle. Il y a une mise en scène, l’emploi de machines et de trucages dont certains 
produisent des effets scéniques très spectaculaires. L’horreur de la scène finale 
avec cette mise à mort où le sang coule, tandis que les marionnettes semblent hur 
ler de douleur, et que retentit le son lugubre du rhombe auquel se mêle celui du 
tambour, marque un sens théâtral consommé qui n’a rien à envier à nos scènes 
dramatiques. 
On comprend, en voyant l’aspect cocasse de certaines petites têtes de marionnet 
tes que les observateurs aient tout d’abord pensé à leur attribuer un rôle comi 
que 7 ), hypothèse que venait confirmer la présence des femmes à une partie de la 
cérémonie 8 ), alors qu’elles sont rigoureusement tenues à l’écart de tout le rituel 
masculin, mais cette supposition a profondément choqué les informateurs, ils ont 
insisté sur le côté extrêmement sacré de cette cérémonie, mettant en relief le fait 
que tant que durait le spectacle, l’assistance tout entière se trouvait soumise à des 
interdits extrêmement rigoureux, tout bruit et tout contact entre les personnes 
étant punies de mort 9 ). 
Indépendamment de Seniang, le Nevimbur existait dans d’autres districts du Sud 
de Malekula. Sa présence est signalée à l’est de Milip, à Vienne et à Port Sand
        

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