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Volltext: Anthropos, 59.1964

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Charles Estermann 
Anthropos 59. 1964 
pavillon auriculaire ornera le cou de l’enfant jusqu’au jour où elle tombera 
d’elle-même. Le veau utilisé dans ce rituel devient la propriété de l’enfant. 
Quels sont les noms préférés de nos gens ? Souvent, une circonstance 
de temps, ou de lieu de la naissance suggère l’appellation. C’est ainsi qu’on 
trouve, dans toutes les peuplades, des noms signifiant « celui ou celle du matin, 
du plein jour, de la nuit » ; ou encore, « celui de la brousse », c’est-à-dire né 
hors de la maison ; « celui des remèdes », quand la mère, avant de mettre au 
monde son enfant, a dû recourir aux soins du kimbanda. Le nom indiquera 
encore l’époque d’une famine, d’une guerre ou d’une invasion de sauterelles. 
Parmi les représentants du groupe Nyaneka-Nkhumbi plus qu’ailleurs, nous 
trouvons la curieuse coutume d’appeler les enfants par le premier mot d’un 
proverbe 7 . Outre le sens obvie de ces aphorismes, il faut souvent sous-entendre 
une intention magique. Donnons un exemple tiré de la manière d’agir des 
Nkhumbi : 
Tuvetyavele, vayote : 
tuvetyitile, valoe : 
Traduction littérale : Ramassons du bois de chauffage pour eux, afin qu’ils 
puissent se réchauffer ! Engendrons des enfants, pour qu’ils puissent les ensor 
celer. Ceux qui sont ainsi interpellés sont les soi-disants ennemis qui ne pensent 
qu’à être nuisibles aux autres et à tuer par ensorcellement. A première vue, 
le proverbe paraît avoir un sens ironique, ce qui est bien dans le genre de ces 
locutions. Mais ici, il faut voir quelque chose de plus : en appliquant ce pro 
verbe à l’enfant, on entend, par le fait même, le préserver de l’influence néfaste 
d’un sorcier. 
Quand on coupe pour la première fois les cheveux à l’enfant - ekululo - 
ce fait est également signalé par une petite cérémonie, du moins dans les popu 
lations du groupe Ambo et Nyaneka-Nkhumbi. La plus significative est celle 
pratiquée par les Kwanyama (E 1 p. 74). 
3. Deux maladies d’enfants particulières 
Il est rare qu’un enfant ne soit pas affligé d’une maladie ou d’une infir 
mité quelconque propres à son âge. Ce qui nous intéresse ici, ce ne sont pas 
les maladies communes et leur thérapeutique naturelle ou magique, mais deux 
maladies d’origine imaginaire et leur traitement relevant du même domaine. 
Il est étonnant que d’un bout à l’autre de la vaste région habitée par les peu 
ples étudiés dans cet article, ces deux infirmités soient connues par le même 
mot et soumises à un traitement identique. Pareil phénomène semble indiquer 
une origine remontant à un certain point du territoire d’où s’est opéré par la 
suite un rayonnement. Mais, vouloir localiser de plus près le point de départ, 
me paraît un effort voué à l’échec. Quelles sont ces maladies ? La première 
s’appelle « la maladie de l’oiseau du ciel ». L’oiseau en question est l’onkhomhe, 
7 Cf. Hauenstein A., Noms accompagnés de proverbes, chez les Ovimbundu et les 
Humbi du Sud de l’Angola. Anthropos 57. 1962, pp. 97-111.
	        
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