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Full Text : Baessler-Archiv, 17=42.1969

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Bastin,  Masques  et  sculptures  Ngangela

de  nuance  dans  le  dessin.  Avec  une  économie  de  moyens  exemplaire  naît  une
densité  dramatique  que  les  oeuvres  de  l’Angola  central  n’atteignent  que  rarement. ­
  Le  soin  donné  au  tracé  des  motifs  de  tatouage  se  remarque  aussi  dans
l’exécution  de  la  perruque  de  fibre.  Son  modèle  ne  correspond  pas  totalement
aux  coiffures  Ngangela  connues,  toutefois  sa  teinte  brunâtre  est  celle  des  costumes ­
  de  masque  de  la  région.
Sculptures
Les  Ngangela  ont  l’habitude  d’orner  leurs  objets  rituels.  Le  Père  Martinho
Van  Koolwijk  (1966,  197)  nous  apprend  que  les  poteaux  de  l’autel  aux  sacrifices, ­
  mutula,  érigé  au  cours  du  cérémonial  de  l’intronisation,  à  l’entrée  du
sanctuaire  cheffal,  sont  ornés  à  profusion  de  figures  symboliques  sculptées  à
l’herminette.  Le  même  auteur  (p.  199)  mentionne  encore  l’existence  de  nombreux ­
  symboles  gravés  sur  la  grande  trompe  de  bois  qu’il  eut  l’occasion  de  voir
lorsqu’elle  fut  montrée  à  la  première  épouse  inakulu  lors  de  son  initiation  aux
secrets  des  hommes.  Cette  trompe  taillée  dans  un  tronc  de  trois  à  quatre  mètres
de  long  se  conserve,  immergée  dans  la  boue,  en  un  endroit  du  bord  d’une  rivière
interdit  aux  femmes  et  on  en  sonne  pour  honorer  les  ancêtres  en  certaines  grandes ­
  éventualités.  Schachtzabel  (1923,  98)  mentionne  son  usage  à  l’occasion  d’un
enterrement,  au  cours  duquel  les  hommes  soufflent  à  tour  de  rôle  dans  l’instrument, ­
  près  de  l’ouverture  de  la  tombe,  en  implorant  que  l’esprit  du  mort  ne
vienne  les  inquiéter  par  des  maladies.
Une  note  du  Père  Mercier  (dossier  54.56  du  Musée  de  l’Homme)  signale  en
plus  que  des  figures  «  ornent  les  pieux  qui  forment  l’estrade  où  l’on  place  les
tambours  pour  les  danses  rituelles  »  qui  terminent  les  cérémonies  de  l’initiation
sociale  de  la  mungolo,  jeune  fille  récemment  pubère.
Aucune  photo  n’a  malheureusement  été  publiée  de  ces  sculptures  rituelles
Ngangela.  Dans  Schachtzabel  (1923,  Taf.  XVI)  il  y  a  à  l’entrée  de  la  maison
du  chef  Tschitembo  un  simple  édifice  qui  correspond  à  l’autel  mutula  décrit  par
M.  Van  Koolwijk,  mais  les  pieux  ne  semblent  pas  porter  d’ornements.
Un  panier  de  devin,  récolté  par  la  Mission  Rohan-Chabot,  nous  permet  de
découvrir,  parmi  son  contenu  hétéroclite  de  trente-deux  petits  objets  symboliques ­
  -  allant  de  la  corne,  à  la  graine  et  à  l’ongle  d’un  oiseau  de  proie  -  deux
figures  rituelles  Ngangela,  bien  sculptées  (fig.  9).  Elles  portent  la  coiffure
féminine  à  deux  crêtes.  Tout  en  apparaissant  dans  l’attitude  accroupie  des
figures  d’ancêtres  (Delachaux,  1946,  pl.  III),  elles  tiennent  à  hauteur  du  cou
une  sorte  de  plateau  qui  leur  donne  l’aspect  d’être  des  miniatures  de  sièges  à
cariatide.
            
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